Écrire un roman (3/3) : Comment terminer un roman ?

La fin d’un roman est l’apothéose que le lecteur attend. Les secrets doivent se révéler, les intrigues doivent se dénouer. Qui est un traître ? Comment le héros atteindra-t-il son objectif final ? Des personnages vont-ils mourir ? Le lecteur doit trouver les réponses à toutes ses questions. Ainsi, voici 4 conseils pratiques pour écrire la fin que votre roman mérite.

1. Ne laissez pas de « portes ouvertes » :

En littérature, les « portes ouvertes » sont toutes les questions soulevées pendant le roman auxquelles il faut répondre. Généralement, on pense à résoudre son intrigue principale. Mais qu’en est-il de l’indice disséminé page 72, laissant penser que Jean-Philippe est en fait le fils caché de Bernadette ? Et quid de cet acolyte de l’héroïne qui s’en est allé sauver un lion dans la savane à la page 217 et dont on n’a plus jamais entendu parler ?

J’aime beaucoup le terme « porte ouverte » car chaque sous-intrigue du récit est littéralement une porte que l’on ouvre sur une nouvelle piste que le lecteur doit suivre (et que vous devez creuser). Il n’y a rien de plus frustrant que de terminer une œuvre sans avoir la réponse à toutes les questions qu’on s’est posé pendant la lecture. L’exemple le plus courant est celui de la série Lost. Les scénaristes ont oublié de résoudre des tas de sous-intrigues pour conclure la série par une pirouette maladroite. Et cette fumée noire qui envahit l’île régulièrement alors, et sur laquelle l’accent est mis pendant plusieurs épisodes, qu’est-ce que c’est ? Eh bien nous ne le saurons jamais. Croyez-moi, il y a une place spéciale réservée en enfer pour les créateurs qui nous infligent ce genre de supplice. Vous n’en voulez pas ? Alors fermez toutes les portes de votre intrigue !

2. Veillez à la cohérence de l’intrigue.

La fin, c’est la dernière impression que vous laisserez à votre lecteur. Alors il faut la soigner ! Assurez-vous que le dénouement respecte bien l’évolution respective de chaque personnage. Si Tartempion était un trouillard tout au long du récit, il est peu probable qu’il saute au beau milieu d’une bataille pour zigouiller le grand méchant et s’imposer comme le grand héros de l’histoire. En revanche, s’il a évolué au fil des chapitres, prenant de plus en plus confiance en lui, son moment épique devient tout de suite plus crédible. Mais on n’oubliera pas de préciser qu’il a un peu les boyaux qui se tordent au moment de se lancer dans la mêlée. Ensuite, assurez-vous que le dénouement soit logique avec ce que vous prépariez depuis le début. On évite les Deus Ex Machina qui prouvent que vous n’aviez rien préparé à l’avance (exemple : votre héros est complètement pris au piège, il va mourir, mais hop, une licorne sortie de nulle part transperce les méchants de sa corne magique et lui propose de monter sur son dos pour fuir au loin, sous les rayons du soleil couchant). Vous saisissez l’idée ? Pour terminer votre roman en beauté, il faut que la cohérence soit le chef d’orchestre des évènements.

3. L’élément de surprise, l’ingrédient secret pour une fin réussie ?

Il est toujours agréable d’être surpris.e par la fin d’un roman. Cela témoigne d’un certain talent de la part de l’auteur : ce n’est pas évident de mener en bateau un lecteur pendant plusieurs centaines de pages. Il faut s’imposer comme un véritable illusionniste et brouiller les pistes. Cependant, une fin qui ne comporte pas de « chute » (ou de retournement de situation, si vous préférez) n’est pas forcément une mauvaise fin ! Ce qui compte, c’est avant tout la pertinence de l’élément de surprise que vous pourriez insérer. L’idéal est de semer des indices tout au long du roman et que le jeu de piste se concrétise lorsque vous ferez la grande révélation. Pour cela, l’élaboration d’une feuille de route est indispensable. Sinon, un élément de surprise peut vite tomber comme un cheveu sur la soupe. Alors pas de panique si vous n’avez pas de grand retournement de situation prévu : parfois, une conclusion en douceur est tout aussi agréable. Le genre de votre roman et la singularité de votre histoire décideront d’eux-mêmes de la nécessité d’un élément de surprise ou non.

4. Préparez le tome suivant s’il y en a un.

Si votre roman s’inscrit dans une série, alors il peut être intéressant de préparer la suite lorsque vous clôturez ce volume. Résolvez les intrigues secondaires de ce roman mais laissez l’intrigue principale encore inachevée. Faites intervenir un nouveau rebondissement majeur qui pourra servir de fil conducteur dans le tome 2. En cas de changement d’univers (nouveau pays/nouvel amant/nouvelle école/nouveaux ennemis ou alliés), préparez le terrain pour instaurer un sentiment de continuité. Ces éléments doivent donner envie au lecteur de se procurer la suite au plus vite. Vous devez donc créer de l’impatience, susciter un peu de frustration, tout en refermant un certain nombre de portes ouvertes pendant ce premier tome.

 

C’est la fin de notre série d’articles pour comprendre les 3 grandes phases de l’écriture d’un roman. Maintenant, vous pouvez vous atteler à l’ouvrage afin de préparer votre manuscrit pour les maisons d’édition !

 

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