Écrire un roman (2/3) : Comment ne pas se décourager en cours d’écriture ?

Alors que vos premiers chapitres ont coulé de source, vous voilà bloqué.e au beau milieu de l’écriture de votre roman. C’est frustrant, démotivant, et vous n’arrivez pas à dépasser cette panne . Pas de panique, c’est aussi très commun. J’appelle ça le syndrome du milieu – à ne pas confondre avec le syndrome de la page blanche. Voyons les raisons qui le causent et comment le dépasser.

Pourquoi se décourage-t-on en cours de route ?

Le milieu de votre roman est la partie la plus épineuse. C’est là que le cœur de l’intrigue prend corps et cela requiert souvent des retours en arrière de votre part. Il vous faut vérifier la cohérence de l’histoire, la validité des indices semés… Bref, c’est toute une organisation. Concrètement, c’est comme si vous étiez en train de gravir une côte pendant un footing : vous avez perdu la motivation du début et vous ne voyez pas venir l’excitation qui survient à l’approche de la ligne d’arrivée. Mais pas d’inquiétude, il existe des astuces pour ne pas abandonner son roman en cours de route.

Ayez une feuille de route qui vous serve de guide pour avancer !

Dans le premier article de cette série, je vous expliquais l’importance d’avoir une feuille de route bien définie avant de commencer à écrire votre roman. Elle devient capitale lorsque vous êtes en plein milieu du processus d’écriture. Tandis que vous vous essoufflez et que vous perdez en motivation, savoir exactement quels évènements doivent survenir pour que votre héros atteigne son but est un excellent moyen de continuer à avancer. Il est plus motivant d’avoir une checklist dont vous pouvez rayer les étapes que d’écrire sans trop savoir où vous allez. Notez donc précisément quels obstacles votre héros doit rencontrer, quel personnage est responsable de tel évènement / telle trahison, et vous verrez que vous arriverez à écrire plus facilement et avec une plus grande régularité.

Discutez de l’intrigue pour la faire évoluer.

En discutant de l’intrigue avec d’autres personnes, vous apprendrez à identifier les points clefs de l’histoire : ceux sur lesquels vous devez concentrer tous vos efforts. Mais le retour de vos interlocuteurs vous aidera également à améliorer l’intrigue, à la faire évoluer. Ces nouvelles idées devraient vous rebooster et vous aider à surmonter le syndrome du milieu.

Faire une pause… Mais pas trop longue !

Il y a plusieurs écoles : ceux qui disent qu’il faut écrire tous les jours et ceux qui clament qu’on ne doit écrire que quand l’inspiration est là. Pour ma part, je suis un peu le postérieur entre deux chaises… L’inspiration a parfois besoin d’un coup de pied au derrière, mais rien ne sert de forcer les choses ! Une écriture forcée est une écriture vide de passion : ça se sent à la lecture ! Alors je vous encourage à prendre une pause de quelques jours pour recharger vos batteries. Profitez-en pour retravailler votre feuille de route, pour prendre quelques notes sur les scènes à venir, ou tout simplement pour rêvasser en regardant les nuages. Mine de rien, ces temps de répit font partie du processus. On doit bien laisser reposer la pâte à crêpes avant de la verser dans une poêle, alors pourquoi ne pas laisser reposer son cerveau avant d’en tirer la fin d’un roman ?

Lisez des ouvrages dans le même genre que celui que vous écrivez.

Si vous bloquez en plein processus d’écriture, c’est peut-être que certains rouages de votre mécanique créative se sont enrayés. Plongez donc dans les romans des auteurs que vous aimez tout particulièrement, et de préférence dans le même genre que celui que vous écrivez. Cela vous permet :

  1. D’identifier les effets narratifs qui entretiennent le suspense.
  2. Relever les points qui vous ennuient et que vous ne voulez pas répéter dans votre roman.
  3. Déterminer les caractéristiques que vous appréciez chez un personnage
  4. Comprendre les éléments qui font la richesse d’une histoire et comment ils sont distillés tout au long du récit.

Concrètement, lire les romans des autres vous permet d’élaborer la recette dont vous avez besoin pour écrire le roman dont VOUS rêvez. Et j’insiste sur le « vous », car si vous souhaitez transmettre la moindre émotion au lecteur, vous devez vous écrire avec les tripes.

En quelques mots :

Le syndrome du milieu est une étape quasiment incontournable. L’écriture d’un roman demande plusieurs mois de travail, voire des années : c’est une véritable épreuve d’endurance. Il est donc normal de connaître des passages à vide, de se décourager. Connaître à l’avance toutes les étapes qui jalonnent le récit est le meilleur moyen pour continuer à écrire malgré cette baisse de motivation. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ça ne bride pas l’imagination, bien au contraire. Le syndrome du milieu est également différent du syndrome de la page blanche, bien que les astuces pour y remédier soient assez similaires. En effet, ici il s’agit plus d’une démotivation qu’une panne d’inspiration. En discutant de l’intrigue avec d’autres personnes (et pas forcément des proches), en vous appuyant sur une feuille de route structurée et en étant tolérant.e envers vous-mêmes, vous verrez que vous arriverez rapidement à la dernière phase du processus : la fin de votre ouvrage !

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