Les 3 règles d’or pour envoyer son manuscrit à un éditeur

Envoyer son manuscrit à un éditeur est une étape importante qui peut changer le cours de votre vie. Si vous voulez recevoir une lettre positive, alors vous devez préparer soigneusement votre envoi. Voici les 3 règles d’or à appliquer avant de démarcher un éditeur.

1. Déterminez le genre de votre roman et sélectionnez la maison d’édition en fonction !

C’est l’étape la plus importante. Avant de vous soucier de quelle police adopter ou de rédiger une lettre d’accompagnement : déterminez votre cible ! Rien ne sert de contacter Bragelonne si vous avez écrit un roman historique, ou Albin Michel si vous avez pondu un space-opera. Vous allez vous manger des lettres de refus démoralisantes alors que la qualité de votre texte n’y est pour rien.

Et ensuite ?

Une fois que vous avez votre petite liste de maisons d’édition, consultez le site internet de chacune. Parcourez leur catalogue, lisez même quelques ouvrages publiés. Cela vous permettra de savoir si votre manuscrit correspond aux attentes de la maison.

2. Mettez votre manuscrit en forme selon les attentes spécifiques de chaque éditeur

Une fois chaque site des éditeurs retenus parcouru, arrêtez-vous sur la page « manuscrits ». Généralement, une série d’indications à l’attention des auteurs s’y trouve. Taille de police, mode d’envoi (postal ou mail), précisions concernant une éventuelle lettre d’accompagnement… Respectez ces consignes scrupuleusement ! Cela montre que vous vous êtes renseigné avant l’envoi et que vous connaissez déjà la ligne éditoriale. Et en plus, cela facilite le travail de ceux qui vous liront. Vous voulez que ces personnes se montrent bienveillantes envers votre texte, non ? Alors remplissez leurs exigences !

A savoir :

Une maison d’édition reçoit une dizaine de manuscrits par jour. 3650 Manuscrits par an au minimum. Les éditeurs n’ont pas de temps à perdre avec des manuscrits qui ne correspondent pas à leur ligne éditoriale. S’ils demandent un interligne précis ou des marges, ce n’est pas une lubie : cela leur permet de réaliser des annotations. En respectant ces consignes, vous leur facilitez la tâche. C’est donc plus de temps passé à vous lire !

Et s’il n’y a pas de consignes de mise en page ?

Si rien n’est précisé sur le site d’un éditeur, voici des consignes à respecter : une police neutre, comme Times New Roman, Arial ou Calibri (pas de fantaisie), couleur noire, pas d’arrière-plan (une page blanche, quoi). Un interligne 1,5 peut être apprécié, et de grosses marges pour permettre à l’éditeur d’annoter le texte si vous l’envoyez en format papier.

En première page : toujours indiquer le nom du manuscrit, vos coordonnées complètes, le genre, et pourquoi pas un bref résumé. Si votre intrigue tient la route, vous devez pouvoir l’expliquer en deux lignes. Si l’éditeur veut un résumé plus détaillé, il le précisera dans les consignes de la page « soumissions » en demandant un synopsis.

Comment faire ces réglages :

Le plus simple est de créer un style dès que vous commencez votre manuscrit. Dans l’onglet « accueil » de Word, il y a un encart « Styles » avec des lettres et les annotations « normal », « titre », etc. Définissez une police neutre, taille 12, un interligne, et appliquez les styles. Si le texte est déjà rédigé, faites CTRL + A. Cela va tout sélectionner. Ensuite, appliquez la police demandée et la taille voulue. Rendez-vous ensuite dans la section « Paragraphes ». Cliquez sur « ajuster » puis sur « interligne et espacement des paragraphes ». Il ne vous reste plus qu’à régler les paramètres.

3. Ne vous dévalorisez pas !

Il est probable qu’on vous demande une lettre d’accompagnement lorsque vous enverrez votre manuscrit. Souvent, on vous demande quelques lignes sur vous. Quelques lignes. Pas une autobiographie en 12 volumes. Si vous avez déjà publié, mentionnez-le. Idem si vous avez gagné des prix littéraires, ou que vous avez réalisé n’importe quel accomplissement qui puisse aiguiser la curiosité de l’éditeur. Mais surtout, ne commettez pas l’erreur de présenter votre ouvrage en commençant par « je sais que mon manuscrit n’est pas parfait mais… »

Pourquoi ?

Votre manuscrit n’est pas parfait ? Alors retravaillez-le. Voilà ce qui se passera probablement dans la tête de la personne qui vous lira. Bien sûr qu’il n’est pas parfait, l’éditeur le sait et si votre texte lui plaît, il vous aidera à tailler un diamant dans cette jolie pierre. Mais en commençant avec une formulation négative de la sorte, vous le mettez dans de mauvaises prédispositions de lecture. Si vous-même ne croyez pas en votre texte, pourquoi un éditeur le devrait-il ?

L’inverse fonctionne également !

A contrario, ne vous prenez pas pour Baudelaire. L’éditeur connaît son travail, il peut estimer que vous êtes nul alors que vous pensez être bourré de talent, mais dans tous les cas c’est à lui de se faire son avis. Si vous débarquez avec vos gros sabots en clamant « je sais que je vais vendre des millions d’exemplaires, parce que je suis le meilleur du monde et je vous jure que vous n’avez jamais rien lu d’aussi bon« , sachez qu’il y a de fortes chances pour que le capital d’empathie de l’éditeur chute dangereusement, et vous risquez de vous faire recaler très vite.

Nota Bene : Personne ne veut voler votre texte

Inutile de menacer l’éditeur en prévention. Ce paragraphe vous surprendra peut-être, mais c’est du vécu. Quand je travaillais en maison d’édition, rien ne m’horripilait plus que recevoir un mail en lettres majuscules, rouges, police Comic Sans MS, nous ordonnant de détruire le manuscrit ou proférant des menaces si nous le volions. Vous en doutez, les manuscrits en questions se résument souvent… à 15 pages illisibles qui se battent en duel.

Si l’idée d’un plagiat vous file vraiment des sueurs froides, rendez-vous sur cet article.

Mais sachez que vous avez plus de chances de vous faire piquer l’idée si vous publiez sur des forums que par un éditeur qui, au mieux vous proposera un contrat, au pire trouvera le texte mauvais et l’oubliera très vite parce que 82319409898034 autres manuscrits attendent son jugement.

Mon conseil perso :

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Lisez !

Avant de vous prétendre auteur, lisez tout ce que vous pouvez. Énormément de gens aspirent à devenir écrivain, et leurs motivations sont souvent douteuses. Quand quelqu’un vient me voir en disant « oh tu as écrit un livre ? Moi aussi j’aimerais bien écrire, mais je sais pas trop comment faire », je finis souvent exaspérée. Parce que dès que je creuse un peu, je comprends vite que la personne ne veut pas écrire, mais se faire publier. Or, pourquoi vouloir se faire publier quand on n’a jamais écrit une ligne ? Avoir un besoin d’écrire mais ne pas savoir comment s’organiser, je comprends ! Cela demande du temps, chaque personne a son fonctionnement, il y a des périodes de découragement, donc on a très souvent besoin de conseils. Mais chercher à tout prix la reconnaissance de lecteurs, voire d’éditeurs, sans avoir pris le temps d’élaborer vraiment son texte, me semble aberrant.

Beaucoup de gens se veulent écrivains alors qu’ils lisent peu. Or, je suis persuadée que ces deux activités sont indissociables. Alors lisez, regardez comment d’autres auteurs élaborent une trame narrative, repérez ce qui vous plaît ou non dans leur façon de faire, comment l’action est amenée, la pertinence des ellipses et des sommaires ; bref, analysez tous les ingrédients utiles à la construction d’un roman avant de prétendre écrire le vôtre. Rien ne vous empêche d’écrire dans votre coin, de noircir des carnets, et c’est même utile pour progresser, mais il faut du temps avant d’avoir un semblant de maîtrise, et c’est toute sa vie que l’on apprend.

PS : Une chose que je me dis souvent, c’est « est-ce que ça mérite que des gens paient pour le lire ?« . Si vous attendez de vos lecteurs qu’ils déboursent de l’argent pour votre travail, alors soyez à la hauteur : je vous imagine mal signer un chèque à un maçon s’il vous bâtit une maison sans murs et avec une toiture qui fuit.

Ces conseils devraient vous aider à diminuer le nombre de lettres de refus.

 

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